Entre la Saturn 4 Ultra 16K et la Photon Mono M7 Pro, l’écart de prix est faible et les fiches se ressemblent beaucoup. Deux écrans de 10 pouces, deux cuves chauffées, des vitesses proches de 150 mm/h. Pourtant, ces deux imprimantes 3D résine ne visent pas tout à fait le même atelier, et c’est en lisant les tests de près qu’on le comprend.
Je les compare ici à partir des tests publiés (Tom’s Hardware, iXBT, Goonhammer et plusieurs retours de propriétaires), des fiches des fabricants et de ce qui revient souvent quand on en parle en boutique avec les vendeurs du rayon impression 3D. Elegoo et Anycubic sont deux marques chinoises qui ont grandi avec la résine, bien avant que le grand public découvre le PLA multicolore. Ici, pas de duel de géants : deux spécialistes qui se battent sur le même créneau.

Elegoo Saturn 4 Ultra 16K
Écran 16K, cuve chauffée à 30 °C et caméra intégrée : la machine des figurines et des petites pièces très détaillées.
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Saturn 4 Ultra 16K vs Photon Mono M7 Pro : les écarts en un tableau
| Critère | Elegoo Saturn 4 Ultra 16K | Anycubic Photon Mono M7 Pro |
|---|---|---|
| Écran | 10 pouces, 16K (15 120 × 6 230 px) | 10,1 pouces, 14K (13 320 × 5 120 px) |
| Taille d’un pixel | 14 × 19 µm | 16,8 × 24,8 µm |
| Volume d’impression | 211,7 × 118,4 × 220 mm | 223 × 126 × 230 mm (6,5 L) |
| Vitesse annoncée | 150 mm/h | 130 mm/h, 170 mm/h en résine rapide |
| Chauffage de la cuve | Consigne fixe, autour de 30 °C | Réglable de 20 à 40 °C |
| Démoulage | Tilt Release (cuve qui s’incline) | Classique, film ACF |
| Résine automatique | Alerte de niveau | Remplissage et récupération automatiques |
| Caméra | Oui, 1080p, time-lapse | Non |
| Reprise après coupure | Oui | Non |
| Note Amazon.fr (25 oct. 2026) | 4,1/5, 123 avis | 4,1/5, 216 avis |
Deux lignes résument le match. L’Elegoo a des pixels plus petits et une caméra. L’Anycubic a plus de place et automatise la gestion de la résine. Le reste se joue dans les détails, et ils comptent davantage en résine qu’en filament.
16K contre 14K : la différence se voit-elle à l’œil nu ?
C’est l’argument que tout le monde met en avant, alors autant être clair. Un pixel de 14 × 19 µm sur la Saturn, contre 16,8 × 24,8 µm sur la M7 Pro, c’est un écart réel mais minuscule. Goonhammer a fait le calcul : pour distinguer à l’œil un tel écart, il faudrait coller le nez à environ 17 mm de la figurine.
Les tests côte à côte vont dans le même sens. iXBT a comparé la Saturn 4 Ultra 16K à la version 12K et n’a vu de différence que sur les détails les plus fins, autour de 50 µm, et à la loupe. Face à la 14K d’Anycubic, l’écart est encore plus mince.
Mais ça ne veut pas dire que les 16K ne servent à rien. Sur une figurine de 28 ou 32 mm, les visages, les mailles d’armure et les gravures fines gagnent un peu en netteté, et un peintre exigeant le remarquera sous la lampe. Pour des pièces techniques, des boîtiers ou des prototypes, en revanche, personne ne fera la différence.
Un détail que peu de fiches mentionnent : la Saturn 4 Ultra 16K ne gère que 8 niveaux de gris pour l’anticrénelage, et le format .goo le désactive. Sur les courbes douces, cela peut annuler une partie du gain de résolution. Et elle laisse passer moins de lumière que la version 12K : les profils d’exposition récupérés sur internet surexposent souvent les pièces. Les propriétaires conseillent de baisser la puissance UV entre 60 et 80 % et de garder au moins 2 secondes par couche de 0,05 mm.
La cuve chauffée : même idée, deux façons de faire
En résine, la température compte autant que l’écran. Sous 20 °C, la résine s’épaissit, les couches accrochent mal et les impressions échouent sans raison apparente. C’est le problème classique d’un atelier au garage en hiver.
Elegoo chauffe la cuve vers une consigne fixe d’environ 30 °C, avec une sonde dans la cuve. iXBT a mesuré une montée à 29 °C en sept à huit minutes, que la pièce soit à 21 °C ou froide. L’imprimante attend environ trois minutes avant d’exposer si la résine est trop froide, ce qui évite les ratés. Certains testeurs ont vu une consigne de 25 °C selon la version du firmware, rien de grave.
Anycubic a choisi une autre méthode sur la Photon Mono M7 Pro : une petite pompe aspire la résine sur le bord de la cuve, la réchauffe et la renvoie. La température se règle de 20 à 40 °C. Tom’s Hardware a apprécié le gain de vitesse, mais a pointé deux défauts : la pompe alourdit la cuve, qui devient moins pratique à verser, et elle ne remue pas assez pour remélanger une résine qui a décanté. Il faut toujours mélanger à la main.
Bref, l’Elegoo est plus simple et plus prévisible. L’Anycubic est plus réglable, utile si vous jonglez entre des résines qui n’aiment pas la même température.
Remplissage automatique : l’atout Anycubic, avec un bémol
C’est la vraie spécificité de la Photon Mono M7 Pro. Un module branché sur la bouteille remplit la cuve quand le niveau baisse, et peut renvoyer la résine dans la bouteille après l’impression. Pour une longue impression en plateau plein, c’est un confort réel : plus besoin de surveiller le niveau toutes les heures.
Le bémol vient du test de Tom’s Hardware : sur leur machine, la pompe de remplissage n’a pas fonctionné. Ils notent aussi que le filtre à air et la pompe se partagent le même port, donc il faut choisir l’un ou l’autre. Les avis Amazon sont plus positifs sur ce point, mais je préfère prévenir : ne comptez pas sur ce module comme argument principal.
La Saturn 4 Ultra 16K, elle, se contente d’alertes : niveau de résine bas, résidu détecté sur le plateau, nivellement à refaire. C’est moins spectaculaire, mais ça évite déjà les deux pannes les plus courantes, le plateau vide et la cuve percée par un morceau oublié.
Volume et vitesse : la Photon Mono M7 Pro prend un peu d’avance
Avec 223 × 126 × 230 mm, l’Anycubic offre environ 12 % de surface en plus sur le plateau et 21 % de volume en plus que l’Elegoo. Sur une figurine seule, ça ne change rien. Sur un plateau rempli de pièces pour un jeu de plateau, ou sur un buste de 20 cm, ça peut éviter de couper le modèle en deux.

Anycubic Photon Mono M7 Pro
14K, 6,5 litres de volume, remplissage automatique et jusqu’à 170 mm/h avec une résine rapide.
Pour la vitesse, les deux annoncent des chiffres proches : 150 mm/h pour l’Elegoo, 130 mm/h en résine standard et 170 mm/h en résine rapide pour l’Anycubic. Tom’s Hardware a imprimé un dragon en plusieurs parties de 3 pouces en 35 minutes sur la M7 Pro, contre 53 minutes sur l’ancienne M5s. En mode rapide (couches de 0,1 mm), le détail est très légèrement plus doux, mais la différence avec le mode normal reste difficile à voir sur des miniatures.
Le Tilt Release d’Elegoo joue sur un autre terrain. La cuve s’incline pour décoller chaque couche en douceur, sans le « pop » des anciennes machines. Les propriétaires le décrivent comme presque silencieux. Les ventilateurs, en revanche, s’entendent.
Caméra, Wi-Fi, logiciels : le confort de tous les jours
La Saturn 4 Ultra 16K intègre une caméra 1080p qui surveille le plateau et filme des time-lapses. Pratique pour suivre une impression depuis le salon, mais les tests sont sévères sur la détection automatique d’échec : elle a laissé passer des pièces qui se décollaient franchement. Et la caméra ne voit le plateau qu’à partir de 50 mm de hauteur environ. Les time-lapses sont en 720p et doivent être activés avant de lancer l’impression.
La Photon Mono M7 Pro n’a pas de caméra du tout. Elle compense par l’application Anycubic, le Wi-Fi et le réseau filaire. Elle suit l’usure du film ACF, annoncé pour environ 45 000 couches, et signale le manque de résine.
Côté logiciels, Elegoo s’appuie sur CHITUBOX, Anycubic sur Photon Workshop, avec CHITUBOX compatible aussi. Lychee Slicer n’était pas encore pris en charge par la M7 Pro lors du test de Tom’s Hardware. Attention si vous passez d’une Saturn 12K à la 16K : les fichiers déjà tranchés sont refusés, il faut tout retrancher.
Un conseil de mon métier, puisque j’administre des réseaux depuis plus de vingt ans : ces imprimantes se connectent au cloud du fabricant dès qu’elles ont accès à internet. Mettez-les sur un réseau Wi-Fi invité ou un VLAN séparé, comme n’importe quel objet connecté. Le transfert en local par Wi-Fi ou clé USB fonctionne très bien sans exposer le reste de la maison.
Ce qui coince sur chacune
Aucune des deux n’est parfaite, et les défauts sont assez différents pour orienter le choix.
- Saturn 4 Ultra 16K : profils d’exposition à refaire, détection d’échec peu fiable, volume un peu plus juste. Des premiers lots ont aussi connu des vis de levier desserrées et des plateaux voilés, corrigés depuis selon les retours récents.
- Photon Mono M7 Pro : cuve lourde et déséquilibrée par la pompe, capot qui se soulève au lieu de basculer, bouton d’allumage à double action, résine qui s’accumule autour des vis du plateau. Pas de reprise après une coupure de courant.
- Les deux : l’écran LCD reste une pièce d’usure. Quelques propriétaires de Saturn signalent des écrans fatigués bien avant la durée annoncée par le fabricant. Gardez la protection d’écran en place et ne laissez pas la résine au soleil.
Et une remarque valable pour toute imprimante 3D résine : la machine n’est que la moitié de l’équipement. Il faut des gants nitrile, de l’alcool isopropylique, une pièce aérée et, très vite, une station de lavage et de polymérisation. Si vous découvrez le sujet, notre article sur le coût réel de l’impression 3D à la maison aide à faire le budget complet.
Les deux fiches techniques complètes

Elegoo Saturn 4 Ultra 16K
Résine MSLA 16K, cuve chauffée, caméra IA
4,1/5 Amazon- Écran
- LCD mono 10 pouces, 16K (15 120 × 6 230 px)
- Résolution XY
- 14 × 19 µm
- Volume
- 211,7 × 118,4 × 220 mm
- Vitesse
- Jusqu’à 150 mm/h annoncés
- Démoulage
- Tilt Release, cuve inclinable
- Cuve
- Chauffée, consigne autour de 30 °C
- Caméra
- 1080p, détection IA, time-lapse
- Nivellement
- Automatique, avec contrôle
- Écran tactile
- 4 pouces
- Connexion
- USB, Wi-Fi 2,4 et 5 GHz
- Film
- PFA, rappel d’entretien
- Logiciel
- CHITUBOX
- Encombrement
- 327 × 329 × 548 mm
- Avis Amazon
- 4,1/5 sur 123 avis (25 oct. 2026)
- Le détail le plus fin des deux
- Cuve chauffée efficace en pièce froide
- Caméra et time-lapse intégrés
- Reprise après coupure de courant
- Volume un peu plus petit
- Profils d’exposition à refaire
- Détection d’échec par caméra peu fiable
- Fichiers 12K à retrancher

Anycubic Photon Mono M7 Pro
Résine MSLA 14K, remplissage automatique
4,1/5 Amazon- Écran
- LCD mono 10,1 pouces, 14K (13 320 × 5 120 px)
- Résolution XY
- 16,8 × 24,8 µm
- Volume
- 223 × 126 × 230 mm (6,5 L)
- Vitesse
- 130 mm/h, 170 mm/h en résine rapide
- Source UV
- COB + lentille de Fresnel
- Cuve
- Chauffage réglable de 20 à 40 °C
- Résine
- Remplissage et récupération automatiques
- Nivellement
- Plateau réglé en usine
- Écran tactile
- 4,3 pouces
- Connexion
- USB, Wi-Fi, LAN, application
- Film
- ACF, suivi d’usure
- Logiciel
- Photon Workshop, CHITUBOX
- Poids
- 12,8 kg
- Avis Amazon
- 4,1/5 sur 216 avis (25 oct. 2026)
- Volume plus grand d’environ 20 %
- Très rapide avec résine adaptée
- Température de cuve réglable
- Plus de 200 avis sur Amazon.fr
- Pas de caméra
- Pas de reprise après coupure
- Cuve lourde avec la pompe
- Remplissage auto capricieux selon un test
Quelle imprimante 3D résine choisir selon votre usage ?
- Figurines de jeu, bustes à peindre, détails très fins : la Saturn 4 Ultra 16K. Le gain de résolution est modeste, mais c’est là qu’il se voit.
- Atelier froid (garage, cave, véranda l’hiver) : la Saturn, pour sa cuve chauffée simple et la pause automatique tant que la résine n’est pas à température.
- Grandes pièces, plateaux remplis, petite production : la Photon Mono M7 Pro, pour son volume et sa vitesse avec résine rapide.
- Plusieurs résines différentes (standard, souple, type ABS) : la M7 Pro, grâce à la température de cuve réglable.
- Suivi à distance et time-lapses : la Saturn, seule des deux à avoir une caméra.
- Pièces colorées en grand format plutôt que du détail : aucune des deux. Une imprimante à filament multicolore sera plus logique, voir notre comparatif Centauri Carbon 2 Combo vs Kobra X Combo et notre dossier sur l’imprimante 3D multicolore et le gaspillage de filament.
Mon choix
Pour la majorité des gens qui achètent une imprimante 3D résine, c’est-à-dire pour faire des figurines, je prendrais la Saturn 4 Ultra 16K. Pas pour les 16K, dont l’effet reste limité, mais pour l’ensemble : cuve chauffée qui fait son travail sans réglage, démoulage doux, reprise après coupure et caméra. C’est la plus tranquille à vivre.
La Photon Mono M7 Pro devient le meilleur choix dès que le volume compte, ou si vous imprimez beaucoup et longtemps. Elle est plus rapide, plus grande, et la température réglable est un vrai plus pour les résines techniques. Il faut juste accepter une cuve moins pratique et ne pas tout miser sur le remplissage automatique.

Elegoo Saturn 4 Ultra 16K
La plus simple à vivre au quotidien, avec le meilleur niveau de détail des deux.
À lire aussi : vous hésitez entre résine et filament ? Notre avis sur la Creality Hi Combo présente une imprimante 3D quatre couleurs pour les objets plus grands.
Saturn 4 Ultra 16K et Photon Mono M7 Pro : vos questions
Peut-on utiliser n’importe quelle résine sur ces deux imprimantes ?
Oui, toute résine 405 nm convient, y compris les résines lavables à l’eau ou type ABS. Il faut seulement adapter le temps d’exposition. Sur la Saturn 16K, partez des profils fournis par Elegoo plutôt que de ceux faits pour la 12K, sinon les pièces seront surexposées et les détails empâtés.
La cuve chauffée suffit-elle dans un garage en hiver ?
Elle aide beaucoup, mais elle ne chauffe que la résine. Dans une pièce sous 10 °C, le plateau et le capot restent froids. Des propriétaires de Saturn impriment près de 0 °C, mais une housse isolante ou un petit chauffage d’appoint sécurisé améliore nettement le taux de réussite.
Faut-il une station de lavage et de polymérisation ?
Pas pour la toute première impression, mais vous en voudrez une très vite. Laver dans des bocaux d’alcool fonctionne, c’est juste plus salissant. Elegoo (Mercury) et Anycubic (Wash and Cure) ont chacun leur station, et elles sont compatibles avec l’autre marque.
Quel est le coût d’entretien d’une imprimante 3D résine ?
Comptez surtout la résine, l’alcool isopropylique, les gants et les films de cuve. Le film ACF de la M7 Pro coûte une dizaine d’euros et dure environ 45 000 couches. L’écran LCD est la vraie pièce d’usure : à remplacer tous les quelques centaines d’heures selon l’usage.
Peut-on imprimer sans Wi-Fi ni compte en ligne ?
Oui, sur les deux. La clé USB fournie suffit pour envoyer les fichiers tranchés. Le Wi-Fi et l’application ne servent qu’au confort, au suivi à distance et aux mises à jour du firmware.
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