Sur un château imprimé en quatre couleurs, une imprimante 3D multicolore d’entrée de gamme peut jeter près de 200 g de filament. C’est ce qu’a relevé Tom’s Hardware sur l’Anycubic Kobra X, qui fait pourtant partie des moins gourmandes. La Bambu Lab A1 testée sur le même modèle est montée à 263 g.
Les fiches produits parlent de vitesse et de nombre de couleurs. Elles parlent rarement de ce qui finit à la poubelle. C’est pourtant là que se joue le coût réel du multicolore, et c’est là que les machines à changeur d’outils, devenues abordables en 2026, changent le calcul.
J’ai donc rangé ce comparatif par famille de machines plutôt que par prix, en m’appuyant sur les chiffres publiés par les testeurs (ils sont cités en bas de page). Si vous hésitez encore entre filament et résine, commencez par notre article sur le coût de l’impression 3D maison.

Anycubic Kobra X
Quatre couleurs dans la tête, moins de purge que ses concurrentes directes.
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Pourquoi une imprimante 3D multicolore jette du filament
Sur la plupart des machines vendues aujourd’hui, il n’y a qu’une seule buse. Pour passer du rouge au blanc, l’imprimante coupe le filament, le recule, charge la couleur suivante, puis pousse du plastique jusqu’à ce que l’ancienne teinte ait disparu. Ce plastique poussé dans le vide, c’est la purge.
Bambu Studio part par défaut sur 280 mm³ par changement. En pratique, on compte entre 0,3 et 1,5 g à chaque fois, selon les couleurs (passer du noir au blanc coûte bien plus cher que l’inverse).
Un gramme, ça paraît rien. Mais un modèle avec quelques centaines de changements, c’est vite 40 à 90 g de déchets, parfois autant que la pièce elle-même. Et chaque changement prend du temps, environ une minute et demie sur une Bambu Lab.
Trois façons de changer de couleur
Buse unique avec chargeur de bobines
AMS chez Bambu Lab, CFS chez Creality, ACE chez Anycubic. Sur une imprimante 3D multicolore d’entrée de gamme, c’est le système le moins cher et le plus répandu, et celui qui gaspille le plus. Anycubic a raccourci la distance entre le coupe-filament et la buse sur la Kobra X, ce qui explique son meilleur résultat face à l’A1.
Double buse
Deux buses sur la même tête, comme sur la Bambu Lab X2D. Pour deux couleurs ou un support soluble, la purge disparaît presque. Au-delà, on retombe sur le chargeur de bobines pour les couleurs supplémentaires. Je ne mets pas ces machines en fiche ici : je ne les ai pas trouvées en vente sur Amazon.fr.
Changeur d’outils
Une tête par couleur, déjà chaude et chargée. La machine dépose une tête, attrape la suivante, amorce quelques millimètres et repart. Le Snapmaker U1 annonce 5 secondes par changement (10 à 12 s mesurées par Tom’s Hardware, amorçage compris), le Flashforge Creator 5 environ 7 secondes. C’est l’architecture la plus chère à l’achat. C’est aussi celle qui jette le moins.
Imprimante 3D multicolore : les chiffres des tests
| Machine | Impression testée | Déchets | Durée |
|---|---|---|---|
| Anycubic Kobra X | Château 4 couleurs | 192 g (150 g de purge + 42 g de tour) | 13 h 10 |
| Bambu Lab A1 (AMS lite) | Le même château | 263 g (229 g de purge + 34 g de tour) | 23 h 08 |
| Snapmaker U1 | Figurines 3 couleurs, 90 changements | 4 g de tour | Environ 3 h de moins qu’une P1P |
| Snapmaker U1 | Araignées multicolores | 4,4 g, environ 25 g de moins qu’une P1P | 3 h 20, soit 2 h de moins |
Ce tableau ne compare pas tout sur la même pièce, autant le dire. Les deux premières lignes, si : même château, réglages par défaut. Les lignes du U1 l’opposent à une Bambu Lab P1P avec AMS sur les mêmes modèles, et la P1S Combo de ce comparatif utilise le même principe.
L’écart va déjà d’un tiers entre deux machines à buse unique. Avec un changeur d’outils, on jette de six à vingt fois moins selon le modèle, et l’impression se termine des heures plus tôt.
À partir de combien d’impressions le changeur d’outils est rentable ?
Une imprimante 3D multicolore à changeur d’outils coûte plus cher à l’achat, reste à savoir en combien de temps elle se rattrape. Prenons l’estimation prudente du blog Stimalo : une impression multicolore moyenne sur AMS jette environ 50 g de purge et occupe la machine deux heures de plus. À 25 € le kilo de PLA, ça fait 1,25 € de filament, auxquels s’ajoute le temps machine. L’auteur arrive à environ 2,50 € économisés par impression avec un changeur d’outils.
La règle qui en découle est simple : chaque tranche de 100 € d’écart de prix entre deux machines se rembourse en 40 impressions multicolores environ.
- 5 impressions multicolores par mois : 12 à 13 € économisés, donc 100 € d’écart remboursés en huit mois.
- 20 par mois : 50 € économisés, remboursés en deux mois.
- 40 par mois : 100 €, remboursés en un mois.
Si vous imprimez surtout en une couleur et ajoutez un logo de temps en temps, la buse unique reste le bon calcul. Si vous vendez des figurines en couleur ou imprimez pour un club, le changeur d’outils se paie vite.
Les quatre machines que je retiens
Anycubic Kobra X : la buse unique qui purge le moins
Sur cette imprimante 3D multicolore, le système ACE Gen 2 est logé dans la tête, avec quatre bobines au-dessus du cadre. Résultat mesuré : des changements en 35 secondes environ et moins de déchets que l’A1 sur le même château. Elle accepte jusqu’à 19 filaments avec les modules supplémentaires et sait mélanger PLA et TPU rigide dans une même pièce. Le revers, c’est un cadre ouvert (oubliez l’ABS) et un chargement des bobines peu pratique.

Anycubic Kobra X
Buse unique, quatre couleurs intégrées à la tête
4,4/5 Amazon- Système
- ACE Gen 2 intégré, 4 bobines incluses
- Couleurs max
- Jusqu’à 19 avec les modules
- Volume
- 260 × 260 × 260 mm
- Vitesse
- 600 mm/s max, 300 mm/s conseillés
- Températures
- Buse 300 °C, plateau 110 °C
- Caisson
- Ouvert
- Changement de couleur
- Environ 35 s (Tom’s Hardware)
- Connexion
- USB, LAN, cloud Anycubic
- Avis Amazon
- 4,4/5 sur 468 avis (relevé du 24/10/2026)
- Moins de purge qu’une Bambu Lab A1 sur le même test
- Changements de couleur rapides
- Mélange PLA et TPU 68D dans une même pièce
- Mise à niveau automatique fiable
- Cadre ouvert, pas faite pour l’ABS
- Chargement des bobines peu pratique
- RFID réservé au filament Anycubic
- Pas de séchage du filament
Bambu Lab P1S Combo : la référence fermée, mais gourmande
Caisson fermé, hotend tout métal, AMS à quatre bobines extensible à seize couleurs. C’est la machine que tout le monde conseille, et elle le mérite pour l’ABS, l’ASA et les filaments chargés carbone. Côté purge, en revanche, c’est la plus dépensière du lot, avec des changements lents. Si vous la choisissez, réglez la purge dès le départ (la FAQ explique comment).

Bambu Lab P1S Combo
Buse unique fermée avec chargeur AMS
4,4/5 Amazon- Système
- AMS externe, 4 bobines
- Couleurs max
- 16 avec quatre AMS
- Volume
- 256 × 256 × 256 mm
- Vitesse
- 500 mm/s, accélération 20 000 mm/s²
- Caisson
- Fermé, hotend tout métal
- Changement de couleur
- Environ 90 s sur les Bambu Lab à buse unique (Tom’s Hardware)
- Connexion
- Cloud Bambu par défaut, mode LAN et mode développeur
- Avis Amazon
- 4,4/5 sur 876 avis (relevé du 24/10/2026)
- Caisson fermé pour l’ABS, l’ASA et les filaments carbone
- Logiciel très abouti
- Énorme communauté, pièces faciles à trouver
- Extensible jusqu’à 16 couleurs
- La plus forte purge du comparatif
- Changements de couleur lents
- Autorisation Bambu Connect pour les outils tiers
Snapmaker U1 : quatre têtes, presque zéro déchet
Quatre têtes, 270 mm de côté, Klipper en interne et OrcaSlicer pour découper. Sur Amazon.fr, il obtient la meilleure note du comparatif. Deux réserves quand même : l’encombrement (58 × 50 × 73 cm pour 18 kg) et le couvercle supérieur vendu en option. Le 24 octobre, sa fiche Amazon.fr était en rupture, gardez-la sous la main.

Snapmaker U1
Changeur d’outils à quatre têtes
4,6/5 Amazon- Système
- 4 têtes indépendantes, changement annoncé en 5 s
- Changement mesuré
- 10 à 12 s avec l’amorçage (Tom’s Hardware)
- Volume
- 270 × 270 × 270 mm
- Températures
- Buse 300 °C, plateau 100 °C
- Caisson
- Semi-fermé, couvercle en option
- Logiciel
- Klipper, Fluidd, OrcaSlicer
- Connexion
- USB, Wi-Fi, LAN sans cloud
- Encombrement
- 584 × 499 × 730 mm, 18,2 kg
- Avis Amazon
- 4,6/5 sur 203 avis (relevé du 24/10/2026, en rupture ce jour)
- 4 g de tour de purge pour 90 changements
- Impressions multicolores bien plus courtes
- Klipper ouvert et impression en LAN
- Grand volume d’impression
- Encombrant et lourd
- Couvercle supérieur vendu à part
- Stock irrégulier sur Amazon.fr
Flashforge Creator 5 : le changement le plus rapide
Quatre têtes aussi, un changement d’environ 7 secondes et une buse qui monte à 320 °C. La liste des filaments acceptés est longue, du PLA au TPU 90A en passant par le PVA soluble. Flashforge parle de purge quasi nulle sans publier le moindre chiffre, et le châssis est ouvert : pour l’ABS, il faut un caisson ou la version Pro. Fiche Amazon.fr en rupture elle aussi au moment où j’écris.

Flashforge Creator 5
Changeur d’outils FlashSwap à quatre têtes
4,0/5 Amazon- Système
- 4 têtes, changement d’environ 7 s
- Volume
- 256 × 256 × 256 mm
- Vitesse
- 600 mm/s
- Températures
- Buse 320 °C, plateau 120 °C
- Caisson
- Ouvert (la version Pro est fermée)
- Filaments
- PLA, PETG, TPU 90A et plus, PLA-CF, PVA, BVOH
- Logiciel
- Orca-Flashforge, OrcaSlicer
- Connexion
- USB, Wi-Fi 2,4 et 5 GHz
- Avis Amazon
- 4,0/5 sur 133 avis (relevé du 24/10/2026, en rupture ce jour)
- Le changement d’outil le plus rapide du lot
- Buse jusqu’à 320 °C
- Large choix de filaments, supports solubles compris
- Buses de 0,25 à 0,8 mm disponibles
- Châssis ouvert
- Purge annoncée quasi nulle mais jamais chiffrée
- Stock irrégulier sur Amazon.fr
Cloud, mode LAN, Klipper : le critère que personne ne regarde
Je fais tourner mes propres serveurs VPN WireGuard sous Linux, alors une machine qui veut un compte cloud pour fonctionner, je la regarde de près. Une imprimante 3D multicolore connaît vos fichiers, a souvent une caméra braquée sur votre bureau et vit sur votre réseau domestique.
Bambu Lab est le cas le plus discuté. Depuis janvier 2025, les logiciels tiers passent par une couche d’autorisation, Bambu Connect. On peut basculer la P1S en mode LAN seul puis en mode développeur (firmware 01.08.02.00 et suivants) pour garder la main en local. L’application Bambu Handy cesse alors de fonctionner, et les fichiers passent par carte microSD ou par le réseau local.
Le Snapmaker U1 est à l’opposé : Klipper, interface Fluidd, impression en LAN sans cloud. Seule la caméra dépendait encore du cloud Snapmaker pendant le test de Tom’s Hardware, un bug que la marque disait corriger. La Kobra X propose USB, LAN et cloud Anycubic. Le Creator 5 annonce du Wi-Fi 2,4 et 5 GHz, mais Flashforge ne détaille pas de mode local.
Mon conseil, quelle que soit la machine : mettez-la sur un réseau invité ou un VLAN séparé, sans accès au reste de la maison. Et si vous avez déjà un mini PC allumé en permanence pour n8n, il peut aussi faire tourner Home Assistant pour surveiller l’imprimante sans passer par le cloud.
Quelle imprimante 3D multicolore selon votre usage
- Débuter en couleur sans trop jeter : Anycubic Kobra X.
- Imprimer de l’ABS, de l’ASA ou du carbone : Bambu Lab P1S Combo, purge réglée.
- Produire beaucoup de pièces multicolores : Snapmaker U1.
- Mélanger souple, rigide et supports solubles : Flashforge Creator 5.
- Deux couleurs au maximum : une machine double buse, à chercher hors Amazon.
Mon verdict
Pour une première imprimante 3D multicolore, je prendrais la Kobra X. Elle n’est pas parfaite, mais c’est la buse unique qui gaspille le moins dans les tests publiés, et elle reste simple à vivre.
Si vous savez déjà que vous imprimerez en couleur toutes les semaines, sautez l’étape et visez le Snapmaker U1. Sur un an, le filament et les heures gagnés pèsent plus lourd que l’écart de prix. La P1S Combo garde sa place si le caisson fermé passe avant tout le reste.

Snapmaker U1
Changeur d’outils à quatre têtes, Klipper et presque aucune purge.
Imprimante 3D multicolore : vos questions
Peut-on réduire la purge sans changer de machine ?
Oui, de 20 à 30 % sans trop de risque. Dans le slicer, baissez le multiplicateur de purge vers 0,7 ou 0,8 pour les couleurs proches, activez la purge dans le remplissage et dans les supports, et imprimez plusieurs pièces sur le même plateau : la purge se compte par changement, pas par objet. Faites l’essai sur une petite pièce avant de lancer douze heures d’impression.
À quoi sert la tour de purge ?
C’est un petit bloc imprimé à côté de la pièce. Il stabilise la pression dans la buse juste après un changement, pour que la nouvelle couleur sorte propre sur le modèle. Même un changeur d’outils en imprime une, mais minuscule : 4 g pour 90 changements sur le Snapmaker U1.
Le multicolore fonctionne-t-il avec le TPU ?
Ça dépend de la machine. La Kobra X accepte le TPU 68D et peut l’associer au PLA dans une même pièce. Le Creator 5 descend au TPU 90A. Sur les chargeurs de bobines, le TPU très souple passe mal dans les tubes, alors regardez la dureté indiquée sur la bobine avant de commander.
Faut-il un compte cloud pour imprimer ?
Non. Aucune des quatre machines ne l’impose pour imprimer depuis une clé USB, une carte ou le réseau local. Le compte sert au suivi à distance par l’application du fabricant. Chez Bambu Lab, le mode LAN seul coupe d’ailleurs l’application mobile.
Combien de couleurs faut-il vraiment ?
Quatre suffisent pour la grande majorité des modèles partagés sur MakerWorld ou Printables. Les configurations à 16 ou 19 couleurs servent surtout à ne pas recharger de bobines entre deux projets. Et sur une buse unique, plus de couleurs veut dire plus de changements, donc plus de purge.
Sources : test de l’Anycubic Kobra X par Tom’s Hardware, test du Snapmaker U1 par Tom’s Hardware, EveZone sur la purge AMS, Stimalo, changeur d’outils contre AMS, SimplyPrint sur le mode LAN et le mode développeur Bambu Lab, fiche officielle Flashforge Creator 5. Notes et nombres d’avis relevés sur Amazon.fr le 24 octobre 2026.











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